Voilà enfin notre week-end farniente, deux jours entiers à ne rien faire que commander des piña coladas et des... jus d'orange, et à les
déguster les doigts de pieds en éventail sur une plage de rêve...
En fait, ce week-end commence sous une pluie battante, tout de suite le bungalow sur la plage devient quand même moyen un bon plan !
Heureusement, le déluge tropical ne dure pas, nous arrivons au Tanah Merah Ferry Terminal secs. Formalités administratives diverses, les Singapouriens sont efficaces mais ne
plaisantent pas avec ça : enregistrement des bagages, formalités douanières, papiers à remplir pour la douane indonésienne, il y a même des boutiques duty free. Trajet sans histoire, la clim
était encore une fois trop froide, j'ai terminé le voyage avec une serviette de plage autour des jambes, la classe totale !
Notre destination : Bintan, une île d'Indonésie à 60 km au sud-est de Singapour, ce qui fait une heure de ferry ; c'est là que vont à peu près tous les Singapouriens pour des
vacances reposantes, pas trop loin, pas trop chères. Nous sommes d'ailleurs tombés sur des familles aperçues à la paroisse française, qui étaient là pour les vacances de la Toussaint ! Bref, ce
n'était pas encore la grande aventure...
Le dépaysement est quand même là à l'arrivée : « Tiens, mais où est donc passée la ville ? Et les bruits de circulation ?! » Le
trajet jusqu'au complexe hôtelier, assuré par des navettes de l'hôtel, passe par des routes au milieu de la Nature, la Vraie ! Nous vivons lors de ce transfert notre seul contact avec la culture
indonésienne, lors du dépôt de quelques vacanciers au Resort 10 milles * du complexe : ils sont accueillis par des danseurs, qui effectuaient une chorégraphie très synchro au son de percussions
et d'un... violon, instrument typiquement asiatique bien sûr. Nous, dans notre petit hôtel plus bas de gamme, on nous a juste accueillis avec un verre de grenadine...
Récupération de la clef de notre bungalow, rangement de nos affaires, déjeuner occidental bon et copieux, longue sieste,
baignade dans une mer à 25°C, balade sur la plage... Il n'y a pas grand-chose à raconter !
Nous aurions juste eu d'autres photos sublimes à vous montrer si nous n'avions pas oublié
l'appareil photo le soir : dîner en extérieur, éclairé à la bougie, d'un buffet barbecue malais excellent, puis petit cocktail dans un bar qui se voulait reggae, sur une plate-forme sur pilotis
au milieu de la mer...
Opération du dimanche matin : dévaliser la boutique Polo que nous avons aperçu la veille au soir dans l'hôtel voisin du nôtre. Polo, c'est la première marque lancée par Ralph
Lauren dans les années soixante, et aujourd'hui ces boutiques lui servent un peu de magasins d'usine. Résultat : les polos homme à 55 S$, soit 27€50, au lieu de 75€ en France. C'est un peu
la raison de notre venue en Indonésie, où nous savions trouver ces boutiques, alors que nous pouvions nous offrir un week-end de rêve pour bien moins cher en Malaisie !
Nous ne pouvions pas rentrer sans ces polos, aussi nous marchons jusqu'à l'hôtel voisin et pénétrons dans la boutique... Emerveillement, décrochages d'yeux, "oh" et "ah"
enthousiasmés devant le choix et les prix. En plus aujourd'hui, c'est notre jour de chance, -20% sur toute une série de couleurs, ce qui nous les ramène à 44S$, soit 22€. Pas de raison de ne pas
se faire plaisir ! Passage à la caisse 20 minutes plus tard, quand on prend tout le choix est vite fait, et là la galère commence : "I'm sorry, the card machine is broken..." (Pour
les sous-doués de la langue de Shakespeare : "Je suis désolée, la machine à carte est cassée...). Où y a-t-il une "cash machine" ? Dans le Resort
10 milles * à l'autre bout du complexe. Bien, nous allons attendre la navette interne dans le hall, elle passe toutes les demi-heure...
3/4 d'heure après, Romain et Armelle sont toujours en train de mourir de chaud dans leurs fauteuils, et commencent à se poser des questions. Réponse de la réception de l'hôtel
: pas de navette aujourd'hui. Pourtant l'Indonésie, c'est un pays archi-musulman, ça ne devrait pas être le vendredi leur day-off ? Romain parle déjà d'y aller seul à pied (moi, je déteste la randonnée, surtout en tongs), quand je pense enfin à demander au concierge, qui est finalement le plus
qualifié pour nous aider : comment nous rendre à ce #*^µ/~"|¤# de Resort super cher super classe ? "Wait a moment, please" ("Attendez un moment, s'il vous plaît"). Et 1 min 37 sec plus tard, un mini-bus aux couleurs du complexe s'avance...
Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines ! Le distributeur repéré, nouvelle interrogation : délivre-t-il des dollars singapouriens, puisque tout ici est exprimé et payable
exclusivement ainsi, ou bien des roupies indonésiennes, parce qu'après tout nous sommes tout de même en Indonésie ? J'affirme très sûre de moi que ce ne peuvent être que des dollars, et Romain se
retrouve avec... 500 000 roupies. Instant de frayeur : qu'est-ce ça vaut ? Réponse dans une boutique du hall (tiens, une autre boutique Polo ; et puis plus grande en plus, avec plus
de choix) : 500 000 roupies = 83,3 S$ (41€). Pour payer nos achats, nous avons donc besoin de... 2 100 000
roupies. Le montant maximum étant de 500 000 roupies par retrait, nous avons du en effectuer 4 de plus pour atteindre la somme voulue.
Nous reprenons enfin une navette interne à destination de notre chère boutique avec une liasse de billets à nous faire prendre pour des trafiquants de chite, quand Romain
réalise tout d'un coup : mais, peut-être avait-elle une machine à carte en état de marche, cette boutique où nous sommes juste allés nous renseigner ?? Bref, 2 heures après avoir pénétré dans la
première boutique, nous repartons enfin avec nos polos tant convoités ; nous les avons mérités, hein !
Baignade et jeux dans les (petits) rouleaux pour oublier tout ça, dernier repas bon et copieux, bref occidental, avant de rentrer à Spore, sieste et glandouille dans d'immenses
canapés, séance photos de Romain (genre "je prends 20 photos moches de toi dans la même position et je refuse que tu en effaces une seule"), 17h30 et l'heure du départ sont là... Et c'est en
arrivant au terminal du ferry et lors de notre petite demi-heure d'attente, que nous nous rendons compte qu'il y
a en fait là-bas au moins 3 boutiques Polo, avec des machines à carte tout ce qu'il y a de plus efficaces !
Pour terminer :
- Il n'y a pas d'Indonésiens à Spore. Nous nous en sommes rendus compte dès l'arrivée, ils sont d'un type ethnique qu'on n'y voit pas.
- C'est agréable de comprendre et de se faire comprendre en anglais : les professionels du tourisme savent le parler, eux, et en plus sans accent. Les Singapouriens, décidément ils impostent.
- Si la somme maximum que l'on peut retirer dans un distribiteur est de 40€, on imagine la misère de leur vie là-bas... D'ailleurs des pubs aperçus à l'aéroport proposaient des repas pour 12 000
roupies : ça fait moins d'1 €.